Eugène - La Folle qui court
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Eugène

Base Plein-Air de Sainte-Foy.

Je suis la présidente d’honneur de « Cours ton Parcours », un événement de course à pied qui vient en aide aux jeunes de l’organisme Option-Travail. C’est la deuxième année qu’on me propose cet honneur et je dois dire que le fit est naturel. La cause est la principale raison de ma présence, mais j’ai aussi immensément de plaisir à en côtoyer les membres. Une gang trippante et sympathique. Tsé quand c’est pas compliqué…

Il faut dire aussi que la journée est parfaite pour courir : beau soleil. 12 degrés. Je viens de compléter mon épreuve du 10 km. Je sens un peu le p’tit canard, mais c’est un détail. On est tous dans la même situation… ? Je suis en train de discuter avec des amis lorsque je sens un p’tit doigt me taper sur l’avant-bras.

C’est Eugène.

Du haut de ses runnings, tout heureux d’être content, Eugène me demande : « Joannie. Est-ce que tu voudrais courir le 1km avec moi ? ». Émotion. Émotion. Émotion. Hein !? Qu’est-ce qui se passe avec moi ? Je suis donc bien émue. Fouillez-moi pourquoi, à plusieurs occasions dans les événements de course à pied je suis envahie par une émotion si forte que ça me donne le goût de brailler, ni plus, ni moins. La demande de Eugène en faisait partie.

Je me contiens le plus possible pour lui répondre : « Bin oui, Eugène ! Ça va me faire plaisir de courir avec toi ! ». Il me répond instantanément : « Cool ! Mon objectif c’est de le courir sans prendre de pause ». DEAL.

L’épreuve du 1 km est courante dans les événements de course à pied. Elle est réservée aux enfants et c’est un moment qui est toujours rempli d’émotions. La fierté sur le visage d’un enfant qui franchit la ligne d’arrivée comme un pro, c’est beau beau beau !! C’est donc ce que j’ai fait avec Eugène et son grand frère Cristophe. 1km. 1000 mètres. 10 000 décimètres. 100 000 centimètres. Peu importe… il l’a fait, sans arrêt !!! Il a réussi !!! Eugène, 10 ans, a atteint son objectif de compléter la distance sans prendre de pause ! Un immense défi pour lui.

Pourquoi immense ? Je vous explique.

Tsé quand, avant même ta naissance, on ne donne pas cher de ta peau… quand les médecins suggèrent fortement à ta mère de se faire avorter parce que tu seras dans un si piteux état… Quand on annonce à ta maman que tu ne marcheras pas, ne parleras pas et qu’il y a de bons risques que tu sois sourd et aveugle… t’as besoin d’avoir la couène dure quand va venir le temps de te pointer l’bout du nez.

Eugène n’a pas choisi de naître avec une paralysie cérébrale, mais OH BOY qu’il a su faire mentir les spécialistes. Dès le début de sa vie, il a eu de nombreux et immenses défis à relever. De la tenacité et de la persévérance, ça en prend un char pis un barge. Parlez-en à Lanie, sa maman. À 10 ans, malgré une difficulté motrice et une raideur sur le côté gauche de son corps(spasticité), Eugène court, il parle et il va à l’école comme tous les garçons de son âge. Aujourd’hui, il a couru SON kilomètre sans faire de pause. Une grande victoire pour un grand champion.

J’pourrais vous décrire les photos, mais je trouve qu’elles parlent bien assez d’elles-mêmes pour que vous puissiez comprendre. Ce petit garçon incarnait la fierté.

Ça m’a rappelé que, peu importe la grosseur de l’objectif, la difficulté de la tâche ou l’ampleur du projet, quand tu y arrives et que t’es fier, bin dis-le, CÂLINE ! T’as le droit. Tout comme Eugène qui a fièrement montré sa médaille à presque toutes les personnes qu’il rencontrait. Grâce à lui, j’peux officiellement dire que j’ai couru mon plus beau kilomètre à vie !

Merci Eugène.