Le Flow. - La Folle qui court
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Le Flow.

01Dans mon billet « En route vers mon premier demi », je me suis clairement rendue compte que je n’avais pas le goût de me mettre de la pression pour cette course de 21,1 km qui aura lieu à la fin du mois d’août. Non ! Pas envie de m’imposer tant de sorties par semaine ou X nombres d’intervalles dans le but de faire grimper mon pace à telle vitesse… ARK. Juste de l’écrire, ça me rend tout croche. Disons que c’est le genre de scénario qui pourrait juste me démotiver et m’enlever le goût de faire de la course à pied, le sport qui m’a tellement apporté physiquement et mentalement(surtout) depuis que je le pratique.

Et… aussi curieux que ça puisse paraître, depuis que j’ai fait ce « coming-out », mes résultats personnels augmentent… bin oui, toé ! En m’entraînant sans pression et sans objectif, je me surpasse et mieux que ça : j’ai vraiment vraiment du fun à courir ! Je capote !

J’en ai récemment glissé un mot à Guy, le super coach du club de course avec lequel je m’entraîne, que je considère comme un GRAND manitou de la course à pied… du haut de ses 5 pieds 2 pouces. ? En plus d’être un excellent coach pour tous les niveaux de coureur, il a une façon magique de faire des parallèles de tous genres entre la course à pied et la vie… j’adore l’écouter.

J’avais donc hâte de savoir ce qu’il allait me dire… « Ce que tu m’expliques est tout à fait normal, Joannie. On appelle ça Le Flow ».

Le Flow ?

« Oui, c’est ce que j’essaie d’inculquer à tous les coureurs que je côtoie ».

Ok. Mais ça ne me dit pas plus ce que c’est…

« C’est le secret du bonheur ».

Oh boy ! La grosse théorie à 5 $… le secret du bonheur ! Rien de moins !

« Pour être en mesure de bien t’expliquer Le Flow, j’ai essayé de faire une comparaison avec ton travail d’animatrice radio. Je vous ai écouté un matin. Vous avez parlé de wetsuit. Mais c’était tellement drôle. C’est tellement tordant, parce que… t’étais en parfait contrôle, t’as renvoyé la réplique à Martin. Pis nous les auditeurs, à l’autre bout, on le sentait que vous aviez du plaisir à faire votre travail. Tellement, que moi, qui connaît très très bien les wetsuit, j’étais mort de rire dans mon auto, même si ce que vous disiez était complètement niaiseux. C’était un beau moment de radio. Mais tsé, vous êtes pas allés trop loin, juste assez. Tout le temps sur la limite, Tout le temps tout le temps tout le temps. Et c’est là que je me suis dit que vous étiez en plein dans Le Flow. Pis qu’est-ce que ça fait dans ce temps-là… ? Ça donne le goût de recommencer le geste. De reproduire le même genre de plaisir. Et l’inverse est tout aussi vrai : si à tous les jours vous êtes constamment à l’arrachée dans vos interventions ou dans votre coanimation, ça devient de moins en moins l’fun.

T’auras compris, Joannie, que ce principe-là n’est pas essentiellement sportif. Il s’applique dans toutes les sphères de la vie.

Pour te résumer mes lectures, le flow signifie un état totalement centré sur la motivation et qui nous donne carrément un sentiment de joie spontané. Être en parfait parfait contrôle, dans ton corps et dans ta tête, lors de ton activité.

Même chose pour la course à pied. Tu cours. Dans ta tête, dans ton corps, t’es tout à fait consciente de ce qui se passe, t’es en parfait contrôle. Tu sais que tes bras ne doivent pas être trop tendus, que ta cage thoracique doit être ouverte. Élément intéressant à ajouter aussi : lorsque t’as l’équipement qui est approprié pour faire ton activité, ça amène un plaisir de plus… Là tu te sens très bien. Tu te surprends à aimer faire de la course à pied».

Mais oui ! C’est exactement ça qui se produit depuis quelques semaines !

« Et généralement, quand t’es en Flow, t’es même capable d’accéder à des prises de décisions importantes dans ta vie. Elles ne seront pas des coups de tête, puisque l’état d’esprit dans lequel elles auront été prises, aura été contrôlé et clair au maximum. C’est documenté, c’est scientifique.

Et laisse-moi te faire voir l’envers de la médaille : lorsque tu n’es plus dans ton Flow, constamment, il y a de l’angoisse, du stress qui se mêlent à tout ça. Et il ne faut pas. Quand on fait des intervalles avec Le Club, c’est normal qu’on sorte un p’tit peu du Flow, qu’on devienne un p’tit peu stressé ou angoissé, mais c’est le temps d’un entraînement seulement. C’est différent. Si on reproduit la même chose le lendemain et le surlendemain et le sur-surlendemain, ça se pourrait qu’on ait envie de déposer nos running dans le coin et qu’on ne veuille plus les regarder. Craindre de reproduire cette angoisse-là, ce stress-là en se disant que c’est trop dur…

Bref, Le Flow fait en sorte que tu reviens à la maison et que t’as hâte de repartir !

C’est carrément ça le but. C’est ce qu’on recherche. Et l’autre effet positif du flow, c’est la prévention des blessures. De cette façon-là, tu ne crées pas de stress additionnel aux tendons et aux muscles. Et on s’entend que c’est un enjeu très important dans notre sport qu’est la course à pied. Le pire ennemi d’un sportif amateur comme nous, c’est nous-même. On est exigeant. On se fixe des objectifs. Des fois les objectifs ne sont pas nécessairement réalistes par rapport à nos compétences. Puis, on prend les bouchées doubles. Puis on se blesse. Puis on est déçu. Le genre de cercle vicieux qu’il faut éviter à tout prix ».

Tout est juste. Juste et si simple. Ma saison de course à pied se résume donc en un tout petit mot : Flow. C’est tout ! À la lumière de tout ce que je viens d’apprendre, je trouve que c’est une très bonne progression « mentale » vers mon premier demi marathon, le 27 août prochain, dans le cadre du Marathon SSQ.

Aaaaah ce Guy. Il a une si belle philosophie de vie. Pas pour rien qu’il a accompli autant d’exploits sportifs…

…à suivre dans un prochain billet de La Folle Qui Court.