Ma course sur le Golden Gate Bridge. - La Folle qui court
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Ma course sur le Golden Gate Bridge.

C’est à notre dernière journée à San Francisco que c’est arrivé. Avant même notre départ pour la Californie, je savais que je voulais le faire. Je ne suis pas le genre de fille qui prévoit tout à la minute près, en voyage, mais ÇA, j’y tenais mordicus.

C’est par la lecture d’un billet de blogue, avant de partir, que j’ai appris que le Golden Gate Bridge était accessible aux piétons. EUH !? Rien de plus pour me donner le goût de le franchir… à la course ! Bin là ! J’suis pas une Folle Qui Court pour rien, tsé ! Non seulement nous en étions à notre dernier jour dans la colorée San Francisco, mais cette sortie de course à pied allait être notre dernière activité avant de partir pour la région du Lac Thaoe. Les bagages étaient empilés dans la voiture et nous : habillés en joggeurs.

Première des choses, nous voulions stationner notre voiture à une « certaine » distance du pont, question d’avoir une sortie de course supérieure à 10km. Mon GPS nous emmène au Palais des Beaux-Arts de San Francisco. WOW ! Pas eu le choix de prendre le temps de visiter cette merveille du début du 20e siècle. Un endroit à couper le souffle par la beauté de ses lieux. Pas des farces. C’est somptueux. À planifier si vous allez à San Francisco. Vraiment.

Nul besoin de mentionner qu’après cette belle visite, l’envie d’aller courir était à son comble. Les chaussures sont bien attachées. On part. Oh ! Je suis comme excitée ! On se donne un air d’aller léger et surtout sans pression. Tsé, on est en vacances et on s’apprête à courir sur le Golden Gate ! Le pace ? C’est TELLEMENT secondaire !

Le temps de faire quelques foulées, nous sortons du domaine où est érigé le Palais des Beaux-Arts. Nous empruntons Lyon St. pour traverser le très passant Marine Blvd et nous nous retrouvons rapidement sur la charmante Golden Gate Promenade. Une longue allée qui longe la plage East Beach. Depuis la promenade, nous avions déjà une magnifique vue du célèbre pont. Je suis déjà émue. Vous imaginez la suite… ?

Ouverture de la parenthèse. Quelques mots ici pour vous aviser que ce mémorable récit a été ponctué d’arrêts réguliers afin de prendre plein plein plein plein plein de photos. On vivait le moment VRAIMENT à fond ! Fermeture de la parenthèse.

Plus les centaines de mètres s’accumulent, plus je réalise l’ampleur de cette structure orangée dans son brouillard quotidien. Faut dire que la ville de San Francisco est quotidiennement nappée d’un épais brouillard jusqu’en début d’après-midi. Le beau temps ne tarde pas à apparaître par la suite. Mais à ce moment-là, je me fouttais pas mal de l’état du ciel. Je ne le voyais pas, en fait. Tout ce qui m’importait, c’était l’atteinte du pont.

La promenade nous dirige donc tout droit vers Warming Hut, un café-librairie qui ressemble à un bâtiment de ferme. Tout blanc, il est érigé juste en-dessous du pont. C’est un endroit particulièrement bien placé. Au fait, plusieurs personnes se stationnent depuis cet endroit pour aller marcher le pont, rapidement accessible.

Il ne nous reste qu’à gravir la petite montée asphaltée pour finalement atteindre le Golden Gate Bridge. Je me sens fébrile. Très. Fébrile. Mes amis et moi prenons le temps de nous arrêter. « Ça y est. On est rendu. Le pont est là ». On échange un immense sourire. Je sens ma poitrine se serrer. Mon ami Christian me dit : « Vas-y Jo, c’est ton moment. ENJOY ».

En moins de deux, je me mets à courir… et à pleurer !! Évidemment. Mes premières foulées sont un mélange d’exclamations et de braillage de joie. Je n’en reviens pas à quel point c’est beau. Je regarde partout. Je veux rien manquer. Je cours tout croche, mais je n’en ai rien à battre ! Je veux m’assurer de voir et me rappeler un maximum de détails de cette course qui s’annonce épique.

Quand l’étape des larmes est passée, je remarque à quel point il y a du monde sur le pont. D’abord, les voitures qui l’empruntent contribuent principalement au bruit de fond incessant. C’est quand même un important artère routier de San Francisco, faut pas l’oublier. La portion piétonne du pont est toute aussi bondée. Des marcheurs, des cyclistes, il y en a à la tonne. Des touristes pour la plupart. Y’a jamais dix mètres sans rencontrer quelqu’un. Ça devient parfois difficile de garder une vitesse de course constante à travers toutes ces personnes, aussi heureuses que moi d’être sur l’imposante structure.

À peine le tiers du pont de fait, je m’arrête. Pas le choix. C’est à ce point impressionnant. Je me retrouve sous l’un des deux pylônes du pont. OH WOW ! Je dois m’arracher le cou pour être en mesure de voir jusqu’en haut. OUF. C’est franchement impressionnant. Je prends également le temps d’en toucher la structure. Elle est massive et froide. Je poursuit ma course, le sourire fendu jusqu’àux oreilles. Je m’impressionne à voix haute. Et puisque je parle en français et que je suis à l’autre bout d’un pays qui n’est pas le mien, je me fiche pas mal de ce que les gens autour pensent.

 

Nous nous rendons jusqu’à l’aaauuutre bout du pont, au Golden Gate Vista Point. Un point de vue extraordinaire et panoramique sur la ville de San Francisco, le détroit, la Baie… l’ensemble de l’œuvre finalement. Est-ce que je vous l’ai dit que c’est beau ? C’est beau, vous avez pas idée !

« Êtes-vous d’accord qu’on fasse le retour sans arrêt ? ». La réponse est unanime. Les photos, en a prises bien en masse. On s’entend sur l’idée de dévaler le pont d’un seul trait. On part. Et sans se le dire, c’est comme si chacun d’entre nous voulions le faire en solo. Une distance naturelle s’est installée. On vit le moment, pour nous tout seul. Mon sourire n’a pas disparu. Au loin, je vois mon ami, qui a sorti sa petite caméra et qui salue tout le monde sur son passage. Pourquoi pas ?! Je me prête donc au même jeu. Faut dire qu’il n’y a pas beaucoup de coureurs sur le pont. Une majorité de marcheurs, des cyclistes, mais pas de coureurs. On attire rapidement l’attention et les salutations viennent facilement. À la vive allure que j’ai atteinte, vue toute mon excitation, les 2700 mètres que font le pont sont rapidement avalés. Et fouillez-moi pourquoi, à 200 mètres de la fin du tablier, je décide de me détacher les cheveux. Pourquoi ? Je sais pas pentoute. J’ai jamais couru les cheveux lousses. Un coup de tête. Quel. Beau. Feeling. Le vent frais et régulier de San Francisco dans mes cheveux m’aura donné une agréable fraîcheur de fin de course. Aaaaaaah ! Soupir d’une grande grande satisfaction !!

High five entre nous trois quand tout le monde est revenu. Chacun a vécu le moment de façon différente. C’est un moment qui nous appartient et qui est unique à chacun. Chose certaine, y’a que du positif ! Pour ma part, cette course sur le Golden Gate Bridge est, jusqu’ici et de loin, la plus belle ride de toute ma vie !