Une personne par kilomètre. - La Folle qui court
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Une personne par kilomètre.

Le 14 septembre dernier, c’était un vendredi. Il faisait chaud en s’il-vous-plait : trente degrés avant humidex. Je m’en rappelle parce que cette journée-là, je courais un demi-marathon. En plein après-midi !

Avant même le départ, je savais que cette course n’allait pas être facile. Et je confirme : j’ai eu chaud. Tellement, que j’en ai eu froid. Sans farce : je me suis mise à avoir de gros frissons à deux kilomètres de la fin. C’était pas bon signe. Il était vraiment temps que cette course se termine. Je l’ai vue comme une TRÈS bonne pratique en vue de mon demi-marathon, le 14 octobre prochain, lors de la fin de semaine du Marathon SSQ de Québec.

J’ignore si c’est le soleil qui venait de me rentrer dedans, mais au huitième kilomètre, environ, j’ai été surprise par un coureur à mes côtés… arrivé de nul part. J’exagère parce que j’ai eu l’occasion de jaser avec lui à la fin de la course, mais à ce moment-là, j’avais cette impression d’une apparition. Il arrivait d’où ? Je ne l’ai pas vu au départ… Bref, j’étais dans tous mes états puisque j’avais chaud. Pas à peu près. Et j’étais en train d’essayer de gérer un maudit point que j’avais dans le bas du ventre depuis déjà quelques kilomètres. Rien de très confortable. En fait, je commençais à en arracher.

Je me suis même surprise à lui dire : écoute, je ne veux pas te parler parce que je garde mon énergie pour courir. Il a été très respectueux. Il m’a simplement dit : mon truc quand je fais une course, que ce soit un demi-marathon, un marathon ou n’importe quelle autre distance, je pense à une personne par kilomètre. Tout le long de ce kilomètre, je ne fais que penser à elle. Ce qu’elle m’apporte. Ce qu’elle m’apprend. Comment elle contribue à ma course. C’est fou comme mes kilomètres passent vite. Et ma course se termine plus rapidement que je ne pourrais me l’imaginer.

Il s’est ensuite distancé de moi, question de me laisser dans ma bulle.

Sur le coup, je n’ai que hoché la tête en guise d’approbation. Mais j’ai repensé à ce qu’il m’a dit dans les jours qui ont suivi et j’ai réalisé à quel point cette stratégie peut être puissante. Je me suis demandée : je penserais à qui, moi ? Est-ce que j’ai vingt-et-une personnes dans mon entourage sur qui je pourrais concentrer mon énergie sur mille mètres ? Je confirme que oui.

Et vous savez quoi ? C’est ce que je ferai. Je me permets même de vous dévoiler mon top 5. Autrement dit, les cinq personnes qui m’accompagneront à la fin de mon demi-marathon. Celles à qui je penserai lorsque j’en arracherai. Celles qui sauront me donner le plus d’énergie. Celles qui me tireront vers la ligne d’arrivée.

*** Km #17 : Sylvie

Sylvie, c’est ma grande amie. Elle ne court pas, mais elle est fière de moi. De mes accomplissements sportifs. Elle ne pose pas de question. Elle m’encourage. Et elle ne cesse de dire : « T’es tellement sur ton X ». Mon amie, j’te promets que je vais m’arranger pour être en plein dessus au 17e kilomètre.

*** Km #18 : Sim et Mimi

Sim c’est mon frère. Il partage sa vie depuis plus de dix ans avec sa belle Mimi. Ils sont les parents de mes deux fieuils d’amour. Sim et Mimi, je les trouve forts. Unis. Ils forment une belle équipe, une magnifique famille. Également capables d’indépendance dans l’atteinte de leurs propres objectifs. Mais toujours présents pour s’encourager l’un et l’autre. C’est inspirant.

*** Km #19 : Grand-Maman Rose

Elle toujours avec moi. Non plus de corps, maintenant, mais d’esprit… et c’est fou comme elle me rend plus tenace. Rose, c’est ma pensée positive. Mon guide. Son immense tendresse et son amour infini sauront me faire flotter lorsque mes jambes voudront abandonner…

*** Km #20 : Mom et Pops

Mes parents. Ils sont modestes. Ils sont discrets. Mais ils sont toujours là lors de mes accomplissements sportifs. Je ne suis pas certaine qu’ils comprennent toujours pourquoi je bouge autant, mais ils sont là. Et chaque fois, ils me voient franchir la ligne d’arrivée. C’est précieux.

*** Km #21 : Mon amoureux

Lui et moi, on se supporte. On se challenge. On rit. On s’aime comme on est. Et c’est simple. C’est juste simple. Il me rend fière et tellement forte. Le 1.1 kilomètre restant de mon demi-marathon, c’est à lui que je vais penser, question de retrouver le sourire et m’alléger l’esprit.

Depuis que j’ai cette stratégie en tête, on dirait que j’entrevois ma course d’une différente manière. Je ne saurais mettre des mots exacts, mais c’est très positif. Spirituel, même. Ça me rappelle que je ne serai jamais seule pendant ma course. Comme dans la vie. J’aurai toujours quelqu’un à qui penser lorsque j’en aurai besoin.