Traîner de la patte. - La Folle qui court
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Traîner de la patte.

J’ai les mollets raides. Comme rarement j’ai eu les mollets raides. Mais mon dieu ! Quel insignifiant détail en comparaison à tout ce que j’ai retiré de positif de ma sortie de ce matin.

Un peu plus tôt cette semaine, mon amie Caroline m’avait proposé et lancé le défi de faire une ride matinale de 20 kilomètres avec d’autres coureurs… d’autres coureurs ?!

« Toutes des personnes que tu connais ou presque. Y’aura Christian, Mathieu, Raphaël et Collette et moi ».

« Euh… J’espère que tu réalises que toutes les personnes que tu viens de mentionner, aussi gentilles soient-elle, sont de véritables machines de course et que moi, aussi motivée que je puisse être, je n’arriverai jamais à vous suivre ?! Dans le genre : Usain Bolt/une tortue ».

Elle me rassure que cette sortie se veut très très molo de UN parce que le parcours envisagé est très « côteux » et de DEUX que certains sont en remise en forme d’une blessure. Elle renchérit en me disant que ce serait une belle pratique pour moi en vue de mon demi-marathon qui s’en vient dans un mois(déjà un mois)…

J’avoue ! Une longue distance du genre ne peut qu’être bénéfique pour ma course du 27 août. Mais pour le pace « molo »… parle pour toi ! Pour moi, ce sera assurément un pace normal, voire rapide. J’ai la sincère impression que je vais vous ralentir plus qu’autre chose. Anyway. Je vous aurez avertis ! Au pire vous continuerez sans moi. Ok. J’embarque !

7h54. J’étais au point de rendez-vous. Tout le monde s’est pointé dans les minutes qui ont suivi mon arrivée. 8h. On décollait. 1 kilo… 2 kilo… OUF ! J’ai réalisé rapidement que rends je n’étais pas habituée de courir aussi tôt le matin. J’avais encore ma toast au beurre de pinne dans la gorge et je ne me sentais pas très dégourdie, ni réveillée. Molle.

Et comme Caro me l’avait dit… y’a des côtes. Des MONSTRES de côtes ! Au moment où je reprenais mon souffle après une montée, il y avait un autre « cap » qui se dressait devant moi. Et un autre. Et un autre. Étant donné que je cours presque tout le temps toute seule, je n’arrive pas toujours à connaître mes forces et faiblesses… Je me doutais bien que je manquais de puissance dans les montées… et cette hypothèse m’a clairement et rapidement été confirmée lorsque je voyais mes comparses s’éloigner de moi à une vitesse folle lorsque nous commencions à grimper ces gigantesques monuments d’asphaltes. De quoi se décourager assez vite, mettons !

Mais non ! À ma grande surprise, aucun découragement. Aucun abandon. J’ai rushé, oui. Vraiment. Ma respiration et un moteur de char sans silencieux… même combat ! Trêve de niaiserie, je n’ai jamais jamais perdu ma motivation. La raison ? Les précieuses personnes qui couraient avec moi.

Dès les premiers kilomètres, mon groupe s’est vite rendu compte à quel point je n’allais pas pouvoir les suivre avec la cadence qu’on avait depuis le départ. Caro a ordonné au groupe de ralentir. Lors de la première grosse côte, je me suis faite encouragée par Christian(Monsieur Sourire) à grands coups de « Good Job » et de « Yeah ». Il s’est permis de me donner quelques trucs pour faciliter mes montées lorsque nous en entamions une. Raphaël a ensuite pris le relais. Après chaque montée qu’il franchissait comme l’éclair, il rebroussait chemin pour venir me chercher tout au bas et m’accompagner jusqu’en haut. Il m’a aussi fait part de SA façon mentale de franchir les montées. À quoi il pense. Comment il la visualise. Et finalement, Collette a fait les derniers miles avec moi. En plus de tout le soutien qu’elle a pu me fournir, elle m’a raconté certaines de ses histoires et anecdotes de course à pied.

À tour de rôle, ils ont fait leur p’tit bout de chemin avec moi. Ils se sont relayés. Ils m’ont attendue. Ils m’ont soutenue et encouragée… jusqu’à la fin. Ils n’étaient pas obligés de le faire. Mais ils l’ont fait.

Et moi… j’écoutais. À défaut de pouvoir entretenir la conversation, parce que mon souffle en arrachait déjà, j’enregistrais dans ma caboche toutes ces pertinentes et précieuses informations. Et au fil de cette écoute, le compteur augmentait… jusqu’au chiffre rond de 20 beaux kilomètres de course bien (BIEN!) sentis !!

Quoi dire de plus que… MERCI ! Merci pour la run. Merci pour les encouragements. Merci pour les trucs. C’est jamais facile de traîner de la patte. Surtout quand on a de l’orgueil ! Cette course matinale m’aura permis de réaliser qu’à partir du moment où on accepte et qu’on assume d’être moins fort que d’autres, le soutien vient de lui-même. Sans même avoir à demander quoi que ce soit !

Je termine ce billet avec une citation sur laquelle je suis tombée et qui résume plutôt bien ma sortie de ce matin…