Mon demi. - La Folle qui court
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Mon demi.

Je viens de sortir d’un rendez-vous en massothérapie…

A-TA-BOY ! Si quoi ?! Si ça a fait du bien ?! La question se pose même pas ! Même ma masso m’a dit que c’était une méchante job de nœuds. Pas grande. Pas grosse. Mais cibole qu’elle est efficace. Et personnellement, j’aime tellement me faire masser, que je pourrais passer des journées entières étendue sur une table de massothérapie ! Aussi menue et petite soit-elle, après 90 minutes, ma super Rosalie été en mesure de soulager mes courbatures. C’était pas doux, mais Ô combien bénéfique. J’ai compris que ma course m’avait endolorie, mais mon stress de la semaine dernière m’avait maganée pas mal plus… C’est fou comme notre corps réagit à tout ! Ça va toujours m’impressionner.

Bref, OUI j’étais stressée la semaine dernière. Pas rien qu’un peu. Toute la semaine, j’ai fait ULTRA attention à ce que je mangeais. Je buvais 15 fois plus d’eau qu’à l’habitude. Je me couchais très tôt… tsé comme si c’était la course de ma vie. Relaxe la folle ! Mais sur le coup, je ne m’en rendais pas compte… jusqu’à samedi soir où je me suis mise à brailler en soupant. Sérieux, il était temps que je le fasse, mon demi-marathon.

Dimanche matin… 4h30.

Mon cadran sonne. Zéro snooze. Je me lève d’un coup sec et je me sauve dans la salle de bain. Je me lave le visage. Je m’habille. Je prends le temps de me faire une belle queue de cheval… oui oui ! J’ai pris le temps. La Folle Qui Court c’est aussi ça : une fille qui prend le temps de se coiffer avant une course. Moi j’me dis que si je veux être en confiance au maximum, je veux me sentir belle et dimanche matin, ça passait par la queue de cheval. That’s it.

5h10.

J’m’enfile en café en 3 gorgées, une banane en 2. Je mets quelques snacks dans mon sac. Est-ce que j’ai tout ? Mon dossard ? Oui. Mes espadrilles ? Check. Merde ! Est-ce que j’ai ma montre ? Je fouille. Je la trouve. FIOU ! Tout est là. Ok.

5h15.

Direction : la rive-sud.

5h45.

J’arrive au fil de départ où on m’attend non pas comme coureuse, mais d’abord comme animatrice du départ du demi-marathon, présenté par WKND ! Je commence à animer. Tout va bien. C’est relaxe. Je prends même le temps de jaser avec tout le monde qui vient me souhaiter bonne course. Je continue d’animer… la vie est belle !

6h35.

OH !! Je dois aller m’échauffer. Je me rappelle ce que mon amie Collette m’avait dit de faire à 30 minutes de mon départ. Je m’absente de l’animation pour 10 minutes, le temps de me dégourdir un peu et faire quelques accélérations.

6h45.

J’appelle les coureurs dans leur corral de départ… DÉJÀ !!?? Cibole, le temps file… Je dois aller faire un dernier pipi avant de partir… OMG !! Y’a une immense foule qui attend déjà. Ah pis d’la marde… j’ai pas si envie que ça, finalement. C’est pas vrai que je vais manquer mon départ. Je suis déjà assez stressée comme ça.

6h50.

J’me rends compte que je cours « littéralement » comme une poule pas de tête entre mon kiosque d’animation et les toilettes. Chantale, la VP chez Gestev le mentionne même au micro tellement elle me trouve drôle.

6h55.

Alors que je suis en train d’attacher maladroitement mon dossard sur mon chandail(j’me piquais les doigts avec les maudites épingles à couche), Chantale me passe le micro pour que je fasse ma dernière animation avant le départ. Je m’empresse donc de la faire(un peu botchée, je dois l’avouer) avant de me faufiler à travers d’autres coureurs pour rejoindre ma section. Mon collègue Tony m’a dit la semaine dernière : « Stresse pas avec ton temps en regardant constamment ta montre. Ça va te fatiguer pour rien. T’as juste à suivre le lapin de course de 1 :45. C’est ça ton objectif. Suis-le et tu vas l’atteindre. C’est tout ». Un hasard, peut-être, le lapin de 1 :45 est à 5 mètres de moi… YES ! Toi, avec les oreilles, tu ne le sais pas, mais pour la durée de ma course, tu deviens mon meilleur ami !

7h.

3-2-1… GO ! Le départ est donné, mais je ne m’en rends pas tellement compte puisque ma musique est déjà très forte dans mes écouteurs. Je me mets donc à courir et à suivre la foule. Et c’est là que je commence à penser…

Parenthèse. Ce qu’il faut comprendre dans la course à pied sur route, et je trouve sincèrement que c’est qui fait la beauté de cette discipline, c’est qu’à partir du moment où on commence à courir, tout ce qu’on a à faire c’est penser… c’est tout. Sur la route, contrairement aux sentiers, y’a pas d’obstacle. Donc c’est très facile de songer à plein plein de choses ! Personnellement, je règle des dossiers ou je prends des décisions quand je cours. Fin de la parenthèse.

Kilomètre #1

Donc à la seconde où j’ai foulé l’arche de départ, je me suis mise à me parler… dans ma tête évidemment. Je suis folle, mais pas tant que ça ! ? Tu restes focus, Jo. Tu te concentres. Tu cours dans le confort du début à la fin et ça va se faire tout seul. Le lapin est toujours dans ma mire. C’est bon. Je garde le cap.

Kilomètre #2

C’est donc bien facile ! Je cours en gardant la cadence et je ne sens aucune difficulté. Mon souffle est bon. Mes jambes sont légères. YEAH ! Je réalise que je suis en plein dans « l’effet de foule », c’est-à-dire l’effet de facilité quand on court en plein milieu d’une vague de monde. Super feeling ! Et je la vois apparaître au loin… la fameuse côte Garneau, celle dont tout le monde m’avait parlé. Celle qui précède notre entrée sur le pont de Québec.

Kilomètre #3

Je repense aux paroles de mon coach Guy qui m’avait bien avisée de ne pas partir en folle puisqu’il y avait cette montée à franchir dans les premiers kilomètres. Je savais qu’elle s’en venait et je l’avais appréhendée longtemps… Utilise tes bras, Jo. Lève tes genoux. Un pas à la fois et tu vas la franchir, la côte ! Câline ! C’était pas si pire finalement. Je l’imaginais beaucoup plus ardue qu’elle ne l’était en réalité. Ma musique était bonne. C’est surement pour ça !

Kilomètre #6

Le temps de reprendre mon souffle. Mon rythme est toujours bon. Je cours maintenant aux côtés d’un coureur qui a environ mon âge. Il fait lui aussi son premier demi-marathon et son objectif de temps est le même que moi. Notre échange a été bref puisque le pont de Québec nous a volé la vedette… OUF ! On m’en avait parlé du pont, mais là !!!! On ne peut sérieusement pas comprendre l’ampleur du spectacle tant qu’on n’a pas eu le bonheur d’y courir, au soleil levant. Magnifique ! Et sérieusement, j’ai tellement été énergisée par la traversée du fleuve et la descente qui a suivi que je n’ai pas vu passer les 5 kilomètres suivants.

Kilomètre #10

Les supporteurs et les coureurs du 10km sont attroupés au Quai des Cageux avant leur départ qui se faisait un peu plus tard… Résultat : les coureurs du demi sont accueillis par une tonne de cris et d’encouragements si intenses qu’ils ont réussi à enterrer la musique dans mes écouteurs. J’en r’venais pas ! Y’a même mon ami David qui est venu me taper dans la main puisque nous n’avions pas eu le temps de nous voir au fil de départ. Une belle surprise ! Cette dose de cris m’a fait voler pendant encore 2 bons kilomètres.

Kilomètre #12

Je cours seule depuis 2000 mètres et je réalise que c’est la plus longue distance que j’ai faite en solo jusqu’à présent. Pas si mal, me direz-vous, mais après plus de la moitié de mon demi-marathon de complétée, mes jambes commencent à s’alourdir. J’me casse pas la tête. Je me rapproche du lapin de course et de la gang qui le suit, question d’avoir de la compagnie. L’effet de foule, c’est magique !

Kilomètre #13

Des éponges imbibées d’eau !!! WOW ! Les bénévoles du ravito nous distribuent des éponges pleines d’eau pour nous rafraîchir. De tous les ravitos de la course, ce sont les précieuses éponges qui m’ont été les plus bénéfiques.

Kilomètre 14

Je suis aux 2/3 de ma course. Mon rythme est toujours bon, mais je sais que ma course n’évoluera pas en facilité. Je pense à Guylaine qui, en même temps que moi, prenait le départ du Marathon. OUF ! Je suis en train de franchir mon 15e kilomètre et j’essaie de me mettre à la place des marathoniens qui, à la même distance que moi, en auront encore 27 à faire… ARK ! Je ne suis vraiment pas rendue là. Marathoniens, Marathoniennes, vous avez toute mon admiration !

Kilomètre #16

Je le reconnais ! Aux abords de la promenade Champlain : mon coach Guy et sa fille Julie-Anne, elle aussi coach sur le club de course avec lequel je m’entraîne. Je suis si contente de les voir qu’après leur avoir fait toutes les simagrées imaginables, j’ai augmenté ma vitesse sans le savoir ! FAIL ! À peine 100 mètres plus loin, mon souffle m’a clairement indiqué que c’était pas le moment de s’emporter. Relaxe, Jo. Il ne t’en reste plus beaucoup. C’est pas le temps de faire la Folle.

Kilomètre 17

Là, c’est pas le temps de me parler. Je sais que je suis à 4 petits kilomètres de l’arrivée, mais je les vois ÉNOOOOORMES, ces kilomètres. J’ai une douleur dans la cuisse qui vient d’apparaître et le soleil plombe. Ce ne sera pas facile, mais je vais l’avoir, OSTI ! Je me plonge encore plus loin dans ma caboche et je me ferme à tout ce qu’il y a autour. Là, c’est moi et moi seule.

Kilomètre #18

L’heure des adieux a sonné… mon cher lapin de course de 1 :45(il s’appelle Carl), tu as été une référence si précieuse pour moi durant cette course, mais le moment est venu pour moi de te larguer. Merci pour le pace. Grâce à toi, je n’ai pas regardé ma montre de toute la course. Je vole maintenant de mes propres ailes, vers l’arrivée… CIBOLE ! Ça y est : je commence à divaguer. Y’é temps que ça finisse, cette course-là ! ?

Kilomètre #19

Nice ! Du Gatorade ! Je suis tellement fatiguée et mêlée, qu’au lieu de le boire, je me le pitche dessus comme si c’était de l’eau pour me rafraîchir. Bravo, la grande. T’as la face toute gommée. Une chance qu’il n’en reste pas gros !

Kilomètre #20

J’ai mal. J’ai chaud et je trouve ça difficile. Honnêtement, je ne vois pas comment je vais pouvoir finir mon demi-marathon. Je songe même à arrêter. Mais je me résonne : SÉRIEUX !? Tu viens de courir 19 km et tu es en train de penser à abandonner ?! OK t’es une vraie de vraie Folle. Et faut dire qu’avec le somptueux Château Frontenac qui s’élève devant moi, c’est difficile de vouloir abandonner…

Kilomètre #21

La pancarte annonçant le dernier kilomètre de la course est un véritable don du ciel… HALLELUJAH ! J’entends même l’animateur qui est au fil d’arrivée : « Lorsque vous mettez les pieds sur le tapis vert, c’est que vous êtes à 100 mètres de terminer votre course, chers coureurs… Allez ! ». Je suis à 750 mètres.

Lâche pas, ma Jojo. Laisse-toi porter par la foule ! L’organisation avait même prévu des pancartes à tous les 250 mètres pour nous tenir jusqu’à la toute fin ! Je me plais à croire que j’ai un bon karma, mais à 500 mètres de l’arrivée, ma toune préférée de ma playlist de course s’est mise à jouer dans mes oreilles : Sail de Awolnation. Ça m’a donné des ailes. À ce moment-là, j’ai vu l’arche de la ligne d’arrivée se dresser devant mes yeux pour constater que j’allais battre mon objectif de temps. Tapis vert oblige : je fais le sprint pour les derniers 100 mètres. Bras dans les airs, je franchi la ligne d’arrivée comme une championne.

Je l’ai fait !!

Temps final : 1h43m27s.

Après 3 jours, je suis encore sur mon petit nuage. J’ai mal aux trapèzes et aux cuisses, mais ça c’est rien pantoute. Depuis 8h43, dimanche matin, je suis envahie d’une fierté vraiment intense. Non seulement, j’ai réussi à parcourir la distance de 21,1km, mais je l’ai fait dans le plaisir. Les photos prises tout au long du parcours en témoignent, vu le large sourire que j’arborais. J’ai eu le plaisir de voir plein de gens que je connaissais, tant sur la piste que dans la foule. J’ai curieusement bien géré mon stress, malgré tout et au final, j’ai battu mon l’objectif de temps que je voyais comme un idéal.

Je dois spécifier que cette course n’aurait pas été si mémorable et agréable sans l’ingrédient le plus important, à mon avis : la préparation. C’est pas compliqué : sans la préparation, y’aurait pas eu de focus, pas de confort, pas de plaisir. Je me suis préparée. J’étais prête. Il fallait juste que je le fasse…

CHECK !