Savoir s'arrêter. - La Folle qui court
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Savoir s’arrêter.

Ça m’est arrivé il y a près d’un mois. Durant mon voyage en Californie. Grossomodo, la compagnie aérienne qui nous transportait jusqu’à San Francisco a égaré nos bagages… QUOI ?! J’étais en beau maudit. En saint-ciboulot, même ! Mes amis ne me trouvaient pas crédible en madame-fâchée, mais je l’étais pour vrai ! J’avais aucunement prévu ça, moi ! J’avais rien d’autre que le linge que je portais. Pas eu le choix de passer notre premier trente-six heures de vacances avec pas grand chose. Et qui dit pas grand-chose, dit : les gougounes que j’avais dans les pieds.

Il est là le bobo.

Marcher la ville de San Francisco en flip-flop… BAH ! Y’as mieux comme idée. Évidemment, c’est tout ce que je possédais. Donc pas le choix. Et j’étais loin de me douter à quel point ça mooooooooonte et ça desceeeeeeeent dans cette ville ! C’est impressionnant ! Et très très beau, soit dit en passant ! Nous en avons bien profité et j’ai même eu l’immense bonheur de courir sur le Golden Gate Bridge(lorsque nous avons reçu nos bagages). Une ride mémorable.

Six jours plus tard, par un joli et charmant matin, je courais dans Napa Valley(ça sonne BIG quand j’écris ça). Et c’est là que je l’ai senti. Ce petit inconfort. Cette raideur dans le tibia. Automatiquement, le mot « périostite » m’est venu en tête. Je n’en ai jamais fait et je ne m’en souhaite surtout pas ! CIBOLE. J’fais quoi ?! Je suis en train de courir dans la vallée des vins. C’est tellement beau ! Ça va m’arriver une fois dans ma vie. Voir que je vais m’arrêter. Et j’ai continué. Jusqu’à ce que mon inconfort devienne plus soutenu. Je me suis entêtée à courir jusqu’à la fin de ma sortie. J’étais déçue de moi d’avoir continué parce que je savais très bien que ça n’allait pas s’améliorer mais c’était plus fort que moi.

J’avais ENVIE de courir.

J’ai pathétiquement réessayé de courir dans les jours qui ont suivis, dans l’espoir que peut-être que… mais l’inconfort réapparaissait toujours. Pas eu le choix d’avoir un meeting avec ma conscience. J’allais pas me laisser faire. Je me suis donc retenue de courir de tout le reste du voyage. EUH… T’as pas idée comme je me suis parlée. Même à mon retour. Ma mauvaise voix me disait : « Vas-y. C’est surement guéri. Tu le sens pas ». J’ai tenté quelques foulées pour réaliser que… non. Ça allait me prendre encore du repos.

On s’entend. J’utilise le terme « inconfort » puisque c’était loin de m’empêcher de courir. Au contraire. Je le faisais très bien. Mais y’avait cette sensation anormale. Une sensation plate. C’est juste qu’à un moment donné, on ne sait plus quoi faire, ni penser. Est-ce qu’il faut que je m’arrête ? Est-ce que c’est une raideur passagère ? Est-ce que je vais le sentir demain ? Est-ce que j’aggrave ma situation en continuant de courir ?

Et quel coureur souhaite arrêter de courir ? Aucun.

J’ai repris la course graduellement en début de semaine après trois semaines d’arrêt complet. Heureusement, je pouvais nager, pédaler et faire de la musculation. Vive le triathlon ! C’est la beauté de faire plusieurs sports. Mes trois semaines n’ont donc pas été trop lourdes à porter.

Ouverture de la parenthèse. Personnellement, j’utilise le programme de remise en forme de La Clinique du Coureur. C’est un retour à la course qui se fait sur deux semaines, justement pour les coureurs en retour d’une blessure. Je l’ai utilisé souvent. C’est super bien fait. À condition d’être bien rétabli. Fermeture de la parenthèse.

Et ça se passe tellement bien ! Aucun inconfort. Tout est PARFAIT !

Pour être franche, je ne sais pas si c’était la bonne décision de m’arrêter de courir à cette moindre sensation d’inconfort. Mais ma logique me dit que quand c’est pas normal… c’est justement PAS normal. Mais ce que je sais, c’est que je m’écoute. En titi. Je suis à l’affût de tout ce que mon corps peut m’envoyer comme message. Je déteste être malade et je ne veux surtout pas être blessée.

« J’en avais besoin ». Cette phrase m’a jadis menée juste assez pour me faire réaliser qu’elle ne servait qu’à empirer la situation. En avoir besoin pour quoi dans le fond ? Juste pour assouvir un manque d’endorphines. Et transformer un inconfort en véritable blessure. Je préfère m’arrêter de courir moi-même pendant trois semaines que de me faire arrêter par le physio pendant trois mois. C’est ça qui me rend le plus fière dans tout ce que la course à pied peut m’apporter.

Et j’oserais même dire que c’est le plus gros casse-tête d’un coureur à mon avis : savoir prendre une pause.