La course à pied et ma dépression - La Folle qui court
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La course à pied et ma dépression

J’ai 43 ans et je cours depuis maintenant 10 ans. 

J’ai commencé à courir pour me remettre en forme après deux accouchements en 13 mois.  Je courais parce que j’aimais ça, parce que je voulais me dépasser, parce que c’était accessible.  J’ai fait des 5, 10 km et même des demi-marathons. Je n’étais pas encore consciente de tous les bienfaits que la course m’apportait.  Je l’ai appris cette année à mes dépends.  Je n’avais pas pensé qu’un jour je souffrirais d’une dépression.

J’habite dans un petit village qui n’a qu’une rue.  Je connais mes distances à force de courir toujours au même endroit. Sur ma route de course, les gens ont vu mes filles grandir au fil des saisons car elles m’accompagnaient dans mes sorties.  Je suis la fille qui court dans mon coin!

Le 28 septembre 2020, je me suis fracturée la malléole externe de la cheville gauche en jouant au dek hockey.  Une belle fracture franche selon mon orthopédiste qui me disait que la guérison serait rapide. Un retour au travail prévu trois mois plus tard. Apprendre mon arrêt de travail a été difficile à accepter.  J’étais incapable d’imaginer que je serais à la maison trois mois.  Je n’avais pas imaginé ce qui se passerait par la suite.  Mon amoureuse m’a quittée un mois plus tard.  Je ne m’y en attendais pas.

Je me retrouvais seule la moitié du temps, garde partagée.  J’ai perdu l’appétit, j’avais de la difficulté à me concentrer et je ne dormais presque plus.  Quand je réussissais à m’assoupir, je me réveillais en pleurant.  Je me suis isolée de mes amis.  Je ne répondais plus à leurs messages.  Je n’avais plus le goût de rien.

J’allais à l’hôpital pour mes suivis à chaque semaine parce que ma cheville avait arrêté de guérir. Je voulais courir mais je ne pouvais pas.  Dans le temps des fêtes, je me suis regardé un soir dans le miroir et je n’ai pas aimé ce que j’ai vu. Les yeux larmoyants, le teint fade, maigre.  J’ai réalisé que je me dirigeais tout droit dans un mur et à très grande vitesse.  Je devais faire quelque chose.  Après cette constatation, ma cheville s’est mise à guérir plus rapidement en quelques jours, que les 8 semaines précédentes.  J’ai été 17 semaines dans le plâtre dont 5 avec la botte orthopédique.  J’ai consulté et on m’a confirmé que je souffrais d’une dépression.

J’ai été en physiothérapie et fait tous les exercices à la lettre, j’ai souffert, j’ai pleuré mais je continuais parce que je savais que courir m’aiderait.  J’ai enfin eu l’accord de mon physio pour commencer à courir lentement sur mon tapis roulant.  J’alternais marche et course, un kilomètre à la fois, à tous les 2 jours.  J’ai augmenté mes distances graduellement.  Je devais suivre un plan strict si je voulais recommencer à courir à l’extérieur même s’il n’était pas optimiste pour cet été.

Je me suis fixée un objectif.  Je voulais courir dehors cet été.  J’avais envie de me lever le matin pour courir.  Je sentais que la course commençait à me faire du bien. Mon sourire revenait ainsi que mon appétit et mon sommeil.  De février à juin, j’ai travaillé fort sur mon tapis. Au mois de juin, j’ai pu essayer à l’extérieur.  C’est raide l’asphalte sur une cheville.  Un kilomètre à la fois.  J’en ai fait 14 ce mois-là dehors.

J’ai commencé à me sentir mieux dans mon corps, dans ma tête. Plus je faisais de kilomètres de course, plus j’aimais la fille que je voyais dans le miroir.  Je reprenais confiance en moi.  J’ai recommencé à voir mes amis.  En juillet, j’ai fait 66 km sur l’asphalte.  J’ai remarqué que les gens me saluaient de plus en plus pendant mes sorties de course.  Quand je cours, je souris.

Au mois d’août, j’ai revu des gens avec qui j’ai été au secondaire.  Je me suis fait dire que j’étais resplendissante, que mes yeux brillaient, que j’avais l’air heureuse.  Ils ne m’ont pas vu quelques mois auparavant.   J’ai couru 89 kilomètres dans ce mois.

J’étais en congé tout l’été. En voyant mon retour au travail approcher, je devais placer la course à pied à quelque part dans ma journée.  Maintenant, je me lève à 5h30 pour courir avant d’aller travailler.  J’ai aussi commencé à augmenter mes distances.  En septembre, j’ai annoncé avec fierté à mon physio que j’avais couru 133 kilomètres à l’extérieur.

Je sais que je suis encore fragile, mais la course à pied me permet de me vider la tête. C’est en courant que j’ai mes meilleures idées, que je trouve des solutions à mes problèmes.  Je prépare mon linge de course la veille, au son du réveil, je m’habille et dès que je mets mes écouteurs, la magie de produit.  Je passe de meilleures journées quand j’ai couru le matin, je suis plus patiente, souriante, réveillée et j’ai de l’énergie à revendre.

Je ne porte plus ma montre, je ne calcule plus mon temps. Je ne me mets plus de pression. Je pars pour un 5-6-7 kilomètres parfois même 10 et ce, presque à tous les jours.   Maintenant, je cours parce que ça me fait du bien.  Je le sais je le sens.  Je cours parce que j’en ai besoin pour ma santé physique mais surtout pour ma santé mentale.

Tout le monde peut retrouver un certain équilibre dans sa vie en pratiquant la course à pied. Il suffit de s’y mettre de manière progressive et réaliste. C’est pour cette raison que La Folle Qui Court a créé les Programmes MOA.

Les programmes MOA sont des programmes d’entraînement de course à pied en ligne qui te proposent d’atteindre ton prochain objectif de course à pied progressivement, simplement, dans un contexte d’encadrement complet. Oublie cette impression de ne pas pouvoir y arriver par toi-même.  Les programmes MOA sont là pour t’aider à franchir cette nouvelle ligne d’arrivée.

Geneviève Paradis
[email protected]

Je suis passionnée, honnête, curieuse, déterminée et intense! J'adore les défis, et c'est ce que la course comble en moi, le dépassement de soi. Je suis la fille sur qui tu peux compter mais attention, je ne me gêne pas pour dire ce que je pense! Faire confiance à la vie, oser y croire et rallumer les étoiles une à une s'il le faut.