Courir avec mes enfants : un moment qui va bien au-delà des kilomètres parcourus. - La Folle qui court
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Courir avec mes enfants : un moment qui va bien au-delà des kilomètres parcourus.

Voilà c’est fait! Je me suis laissé convaincre. Je me suis inscrite à une course de 2 kilomètres, sans trop y croire.

Deux kilomètres… je n’ai même pas de chaussures de course!

Deux kilomètres… ça fait trente ans que je n’ai pas couru!

Deux kilomètres… je n’aime même pas ça courir!

Deux kilomètres… c’est dans trois mois!

Deux kilomètres… comment je vais faire?

Et si ces deux kilomètres devenaient un parcours, une occasion, un événement… avec mes filles! Et pourquoi pas trois fois par semaine ?!

C’est avec cette idée en tête, d’un défi mère-fille, qu’ensemble, toutes les trois, nous avons commencé à courir. L’hiver s’achevait. On avait les pieds dans la gadoue de mars. Un coin de rue à la fois : un à la marche, l’autre à la course. Deux kilomètres dans notre quartier, deux kilomètres sur le chemin de leur enfance.

Rapidement, les filles ont pris la tête, me montrant le parcours à suivre : ma grande adolescente mue par la fraîcheur de ses seize ans et ma petite chouette trottant du haut de ses sept ans.  Spectatrice privilégiée, j’admire avec émotion leur complicité dans l’effort.

C’est à travers le parc, qu’elles m’ont tendu la main pour que j’allonge mes foulées et qu’avec elles, je goûte à la motivation, aussi simple, que de sauter à pieds joints dans une flaque d’eau printanière, là où le sentier prend fin, mais où le plaisir commence.

Au boulevard, mon incertitude se calque sur le flot de la dense circulation. C’est ma prudence? Non, simplement le goût de l’abandon devant cet obstacle qui est dans ma tête, plus que sur la route, et qui m’incite à retourner vers la maison. Mes pas n’ont pas le temps de s’embrumer de mes pensées amorphes que je dois suivre mes filles qui, elles, traversent au carrefour souriant aux badauds qui leur cèdent la route.  L’insouciance du parcours les guidant vers la persévérance.

Dans la cour d’école, c’est la mi-parcours. Autant de raisons de reculer que de continuer. Autant de raison de m’essouffler, que de m’amuser.  C’est constater nos joues aussi rouges d’effort que de bonheur et c’est choisir le plaisir tenace que procure le bonheur d’être ensemble.

Derrière l’église, la cadence confiante de nos pas résonne sur le béton des trottoirs réchauffés par le soleil de mai. Un trou, une bosse et c’est avec un petit genou écorché par une roche qu’elles me font découvrir la sollicitude et l’entraide qui sont aussi l’emblème des plus belles réussites sportives.

À quelques semaines de notre événementiel deux kilomètres, mes fils, ces deux sportifs aguerris, gagnés par le bonheur qui émane de nos sorties de course et peut-être aussi devant mon insistance démesurée ne peuvent plus résister à tenter l’expérience, ou plutôt, à faire plaisir à leur mère. C’est donc avec les premières chaudes matinées d’été, encadrée de mon joyeux quatuor d’enfants, et aussi portée par leur discipline d’athlète, que j’ai pu savourer la fierté d’accomplir, pour la toute première fois, deux kilomètres de course. L’émotion qui me chatouillait alors l’échine prenait aussi sa source dans leurs rires espiègles et complices, me donnant ainsi l’exemple de la satisfaction d’un geste solidaire.

J’ai relevé le défi de la Course des 7, lancé par une amie, mes filles aussi! En doutais-je? Non, puisque je nous sais tenaces.  Mais, je ne me doutais pas du riche apprentissage que mes filles allaient me léguer.  Puisqu’ensemble, nous avons fait beaucoup plus que réussir une course.

En seulement deux kilomètres, ma belle grande a pris son élan pour accomplir le Grand Défi Pierre-Lavoie. En seulement deux kilomètres, ma toute petite, devenue aussi une belle grande, a déjà pris goût à l’apaisement qu’apporte le réconfort après l’effort et qui libère son esprit des tracas quotidiens.  En seulement deux kilomètres, nous avons découvert ensemble que le chemin parcouru, enrichi des expériences partagées, embellit notre destination.  Je rends maintenant tangible cet adage à chacun de mes parcours de course. Oui, parce que j’ai persévéré!

J’ai persévéré grâce ces instants que mes filles m’ont légués et que je porte toujours en moi à chacune de mes sorties de course. Quand la distance s’allonge et que ma tête prends plus de place que mes jambes, je m’évade en saluant les passants, souvent surpris, en faisant un pas de côté pour  me rafraîchit les mollets d’une flaque d’eau et en m’émerveillant de l’envolé des bernaches.  Quand tout mon corps fait mal et que ma destination n’est même pas encore un point à l’horizon, bien qu’il ne reste que deux kilomètres à parcourir,  je puise l’énergie pour continuer dans la ténacité de mes fils, lesquels composent avec la douleur et l’inconfort à l’entraînement, bien plus souvent qu’ils ne me le disent.

En seulement deux kilomètres, mes enfants sont devenus pour moi, source d’inspiration.

Deux kilomètres, c’est donc, pour moi, bien plus qu’une distance.

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Marie-Josée Halpin
[email protected]

Femme énergique, amoureuse attentionnée, mère dévouée, professionnelle engagée, je suis aussi une fille compréhensive, une sœur enjouée et une amie à l’écoute, j’ai laissé la course entrée dans ma vie mouvementée à la mi-quarantaine. Depuis, à chacune de mes foulées, j’ai le bonheur de redécouvrir ma nature contemplative,mon esprit créatif, ma plaisante détermination et je savoure le réconfort après l’effort.