Le syndrome du coureur imposteur - La Folle Qui Court
6967
post-template-default,single,single-post,postid-6967,single-format-standard,theme-bridge,woocommerce-no-js,ajax_fade,page_not_loaded,,qode-title-hidden,qode_grid_1300,hide_top_bar_on_mobile_header,qode-content-sidebar-responsive,columns-3,qode-child-theme-ver-1.0.0,qode-theme-ver-16.5,qode-theme-bridge,disabled_footer_bottom,wpb-js-composer js-comp-ver-6.9.0,vc_responsive

Le syndrome du coureur imposteur

Je ne suis pas compétitive. J’ai surtout envie d’éprouver du plaisir, pas nécessairement de gagner, ce qui fait que les sports d’équipe… on repassera. En fait, je ne suis pas vraiment sportive. J’ai plutôt une vieille âme de grand-maman qui a envie de tricoter tranquillement avec un bon café et un livre audio. Toute la journée. Tous les jours!

C’est ainsi qu’un jour, il y a plus de sept ans, mes deux santés (autant physique que mentale) m’ont lancé un appel : je devais me « choisir » une activité physique… Euhhhh d’accord. Je jette un regard dans mon entourage. Mes amis sont des fous de sport ; j’ai des joueurs de rugby, de soccer, de tennis, des fans de plein air, de randonnée, d’escalade, des amis qui font du Crossfit, qui vont au gym, des grands adeptes de vélo, et, bien sûr, des coureurs!

Beaucoup d’amis coureurs. Des amis coureurs que j’ai accompagnés je-ne-sais-plus combien de fois aux quatre coins de la province… pour les supporter. À quel point serait-ce difficile de m’y mettre à mon tour, mettons?

J’ai commencé doucement, dans mon coin, sans trop l’ébruiter. Qui aurait pu s’extasier devant mon premier kilomètre de course/marche à vie lorsque, de leur côté, ils s’entraînaient tous pour des marathons? Puis, j’ai commencé à aimer mon activité. J’y trouvais une certaine paix avec moi-même, et puis j’en voyais et en ressentais les bénéfices sur mes deux santés qui avaient bien besoin d’attention.

Deux ans après mes débuts vacillants, je me suis inscrite comme une grande à ma première course : le demi-marathon d’Ottawa, en amassant des fonds pour venir en aide à une amie, dont l’enfant est atteint d’une maladie orpheline. Nous étions trois à courir ensemble. On avait des t-shirts à l’effigie des maladies rares. Ce fut à la fois ma pire et ma plus belle expérience. Ma plus belle parce que, pour la première fois, j’étais celle qui était encouragée au lieu d’être dans les estrades et J’AI ADORÉ. Ma pire aussi parce que j’avais l’impression que c’était moi qui était atteinte de la maladie rare. Mes amis qui couraient avec moi sont des coureurs qui peuvent se lever un matin, sans entraînement, après 2 heures de sommeil, un gros déjeuner, et courir un marathon en n’étant jamais courbaturé le lendemain (j’exagère). Je ne me sentais pas à ma place à cette course, tout en m’y sentant à ma place.

Le sentiment du coureur imposteur venait de se faire une place douillette dans mon cœur. Même sept ans plus tard, il y est encore. J’ai enchaîné différentes courses (le défi des escaliers à Québec, des 10 km, des demi-marathons, des trails, des courses virtuelles), j’ai une panoplie de médailles qui ne sont pas exposées… contrairement à celles de mon mari. Elles sont plus valides que les miennes, parce qu’il est un vrai coureur, lui. Il s’entraîne, il prend ça au sérieux, il suit son programme, il change son alimentation. Moi, non. Rappelons-nous, je ne suis pas compétitive, même envers moi-même, et je veux avoir du plaisir. Moi, je regarde les arbres quand je cours. Je m’arrête quand je vois un Bambi dans les bois, je le prends en photo, et souvent, je n’arrête même pas ma montre. Quand je suis fatiguée, je marche. Par-dessus tout, j’ai découvert que je n’aime pas courir sous pression. Alors que mes amis carburent aux objectifs de vitesse au kilomètre, et que l’idée de retrancher deux minutes à leur record de demi-marathon les fait saliver, moi, sous pression, je m’arrête.

Il me reste donc ce sentiment d’être l’imposteur, celle qui court, mais qui s’en fiche aussi un peu. Celle qui termine dans les trois dernières de son groupe d’âge et qui sourit en franchissant la ligne d’arrivée en sprintant, grâce à son énergie mal gérée tout au long de sa course. Celle qui accepte sa médaille en essayant de se convaincre que c’est la distance qui importe, pas le temps, mais qui n’y croit pas toujours. Je n’ai pas encore trouvé ma place, dans ce sport que j’aime pourtant. Comme si je laissais ma place aux autres, qui la mérite davantage. Comme s’il ne pouvait y avoir qu’un seul type de vrai coureur : le coureur qui prend ça au sérieux.

Je ne suis pas ce coureur-là, ai-je quand même ma place dans la communauté? TELLEMENT!

Le mot de Joannie : *Si jamais tu souhaites t’entraîner dans le but de faire un 5 km, 10km ou encore demi-marathon, que ce soit pour un objectif précis ou simplement pour le plaisir de courir plus – ou mieux, sache que les Programmes MOA sont là pour t’appuyer!

Joanie Leclerc
[email protected]

Maman de jumeaux de trois ans, je suis d’avis que rire est le remède à tout! Souriante et enjouée, je trouve le drôle dans toutes les situations. Pieuvre à mes heures, j’aime bien la course, parce qu’elle me permet de respirer de l’air frais, de prendre le temps de regarder le paysage, de découvrir de nouvelles pistes de course, écouter un livre, rester en santé, tout en me permettant de prendre un petit congé des « MAMAN! MAMAN!!! »