LE DIAGNOSTIQUE : mon corps a perdu sa cadence - La Folle qui court
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LE DIAGNOSTIQUE : mon corps a perdu sa cadence

Je termine mon année 2023 avec un cadeau. Un beau cadeau pour ainsi dire. Un cadeau inattendu, mais tellement bienvenu. Un cadeau qui explique pas mal d’affaires, en fait. Je termine mon année 2023 avec un diagnostique : l’hypothyroïdie.

En gros, ce que ça veut dire, c’est que mon corps a perdu sa cadence. Mon corps fonctionne au ralenti. La glande thyroïde, c’est le métronome de notre organisme. C’est elle qui dirige. Si elle n’est pas en équilibre, c’est tout le corps qui en subit les conséquences. Depuis quand je fais de l’hypothyroïdie ? On ne sait pas exactement. Mes bilans sanguins te diront que ça fait deux mois, mais j’ai compris, après quelques lectures, que ça peut être long avant d’être vu dans le sang. Mettons qu’avec l’année de 💩 que j’ai eue, je me doute bien que ça remonte à il y a plus de 12 mois.

Ça fait un an que je suis fatiguée. Fatiguée-fatiguée, là. C’est difficile à expliquer. J’pense que ça ne se comprend pas tant qu’on ne le vit pas. C’est pas compliqué : ça fait un an que je suis trop fatiguée pour quoi que ce soit.

Ça fait un an que je suis trop fatiguée pour bouger. Ça fait un an que je suis trop fatiguée pour voir mes amies, trop fatiguée pour souper en famille, trop fatiguée pour jouer avec ma fille. Ça fait un an que je passe mes fins de semaine chez mes parents à dormir toute la journée pendant que eux prennent soin de ma fille. Ça fait un an que je fais des sinusites à répétition et que mon système immunitaire est fait sur un frame de chat. Ça fait un an que je suis trop fatiguée pour me coucher plus tard que 19h, mais trop fatiguée aussi pour restée endormie. Et là j’te parle pas de ma libido, de ma digestion et de mon humeur..

Ça fait un an que je suis fatiguée de tout.

Ça fait un an que j’ai l’impression d’être jamais à 100% présente. Que j’ai l’impression d’être dans un perpétuel brouillard. Ça fait un an que j’ai jamais l’impression de profiter de quoi que ce soit.

Pis c’est tough d’assumer d’être fatiguée d’même quand t’es meme pas capable de t’expliquer toi-même ce qui se passe. J’avais beau passer toutes sortes de tests, mais rien ne semblait anormal.

En contrepartie, les gens qui t’entourent essaient de bien faire en tentant de t’aider et te rassurer que c’est normal durant la première année de garderie d’être souvent malade, que c’est normal de trouver ça difficile un retour de congé de maternité, que c’est normal d’être anxieuse quand on est un maman, que… bon.

Mais même si j’étais d’accord avec chacune de leurs paroles, que j’essayais du plus profond de mon être d’user de bienveillance envers moi-même et que je mettais en application chacun de leurs conseils, je savais au fond de moi que quelque chose n’allait pas. Y’a être fatiguée et ÊTRE FATIGUÉE !

Mais j’avais rien pour le prouver.

Faque je me taisais pis je continuais à essayer de vivre comme tout le monde en me disant que j’étais loin d’être la première maman à être passée par là. Pis là tu culpabilises de te trouver aussi “faible”. Crime j’ai une (JUSTE UNE) enfant super facile qui fait ses nuits depuis l’âge de 2 mois. J’arrive d’un congé de maternité de 13 mois. J’ai pas d’affaire à me plaindre. Tu culpabilises de te coucher à 19h parce que tu passes plus de temps avec ton chum. Tu culpabilises aussi parce que tu déçois tout le monde en annulant tout, tout le temps.

Ça fait un an que j’ai pu de vie et que j’ai l’impression que personne comprends, moi la première. Moi qui a toujours aimé voir du monde, être active et profiter de la vie. J’avais perdu mon pétillant. Pas besoin de te dire qu’à la longue, ça devient frustrant, déprimant et TRÈS anxiogène.

J’ai pris de grosses décisions professionnelles et personnelles au cours des derniers mois afin de prioriser ma santé mentale et physique, mais malgré tout ce cheminement, je ne sentais pas une si grande amélioration. Et c’est quelques semaines après mon changement d’horaire que le diagnostique est tombé.

Mon bilan sanguin faisait finalement état d’un pas-pire debalancement de ma glande thyroïde. Alors que tout portait à croire que je m’enlignais direct vers une dépression (ce qui aurait pu très bien arriver), ce sont en fait mes hormones thyroïdiennes qui étaient en chute libre. Je n’en produisais pas assez, ce qui ralentissait la totalité de mon corps. Les mautadines hormones… tellement puissantes, positivement et négativement.

Bref, ça explique donc TOUT TOUT TOUT ce que j’ai vécu au cours de la dernière année.

Un mot : ENFIN. Enfin une explication. Ce diagnostique, aussi banal soit-il (parce que l’hypothyroïdie, ça se traite super bien), m’enlève un poids immense sur les épaules.

J’tais pas conne ! J’le savais que ça n’allait pas !

Ce diagnostique me permet d’accepter. Accepter tout ce contre quoi j’ai lutté dans la dernière année. Accepter d’être fatiguée et assumer dire non ou d’annuler certaines occasions sociales. Accepter de lever le pied sur l’entraînement et accepter que dorénavant, bouger ne pourra plus être aussi intense qu’avant. Du moins, pas pour le moment. Accepter que je devrai toujours prioriser de refaire le plein d’énergie avant de la dépenser. Accepter que mon corps n’est plus capable de digérer autant de bonne bouffe copieuse et de vino qu’avant. Ce diagnostique me permet d’accepter de me donner un brake, finalement.

ARRÊTE D’ÊTRE BONNE. SOIS BIEN.

C’est une phrase qui résonne très très très fort en moi depuis plusieurs mois. Je fais tout ce que je peux pour la mettre de l’avant même si je ne te cacherai pas qu’à certains moments je n’y croyais pas fort fort.

Un diagnostique comme celui-là, ça confirme que j’ai fait les bons choix et ça vient surtout renforcer mon cheminement. Vivement la santé. C’est la chose la plus précieuse qui soit.

 

 

Joannie Fortin
[email protected]

La folle c’est moi. Une vraie de vraie ! Intense, créative, émotive, avec une belle naïveté… mais tellement attachante ! Ma plus grande qualité ? La folie ! Pourquoi je cours ? Pour être moins Folle ! Je cours pour me trouver belle. Je cours pour prendre du temps pour moi. Je cours dans l’idée de canaliser mon trop plein de tout.